2014 : bilan d’un an d’édition de jeu de rôle

Comment se porte la production des jeux de rôles imprimés en France ? Si l’on en croit le GroG (qu’ils soient bénis), entre janvier et décembre 2014 il y aura eu en tout 111 parutions sur le marché du JDR francophone (29 livres de base, 8 kits de démonstration, 47 suppléments et 27 scénarios/campagnes) avec en sus écrans et accessoires que nous n’avons pas référencés ici. 24 maisons d’édition ont sorti au moins un produit sur cette période, le reste des sorties relevant de l’auto-édition (6 livres, un supplément, 9 scénarios et 2 kits de démo).

24 maisons d’édition professionnelle donc, sur la quarantaine de structures actives en mars 2015 dont le jeu de rôle constitue au moins une partie de l’activité. Elles sont indiquées en noir ci-dessous :

CaptureSi le marché de l’édition de JDR semble donc bien se porter, l’activité éditoriale est très variable selon les maisons : 60 % des sorties sont le fait de seulement 6 maisons : XII singes (29 %), Sans-Détour (19 %), Black Book (9 %), Edge et Ludopathes (5 % chacun), 7e cercle (4 %). 12 maisons n’ont sorti qu’un seul titre sur toute l’année 2014.

Plusieurs raisons possibles à l’absence (ou presque) de sorties sont à souligner : tout d’abord un certain nombre de ces structures sont minuscules, et n’ont pas une activité continue, parce qu’elles sont très récentes (JDR éditions, Footbridge, Lapin-Marteau, etc.) ou bien parce qu’elles ont des moyens très réduits (Icare, Narrativiste devenu 500 nuances de Geek, etc.). D’autres entreprises ont au contraire une taille bien suffisante pour sortir régulièrement des titres, mais ne produisent pas que des JDR (Ankama bien sûr, mais aussi Agate ou encore Origames).

Entre les grands (relativement) et les micro-éditeurs de JDR, ce sont donc les maisons spécialisées mais de taille raisonnable, qui ont entre sept et treize ans d’ancienneté, qui assurent la vitalité du marché éditorial. C’est rassurant, pour au moins une raison : là où certains disent que l’âge d’or du JDR est fini depuis 15 ans, on observe surtout un simple éclatement de la production entre de jeunes structures qui se sont partagées le marché suite au retrait ou à la chute des anciens acteurs dominants (Asmodee en tête). Cette jeunesse n’est pas forcément synonyme de faiblesse, puisque les années passent malgré tout et que les chiffres d’affaires progressent : il s’est par exemple accru de plus de 50 % chez les XII singes entre 2011 et 2013 et de près de 65 % chez les éditions Sans-Détour !

Si le marché global du JDR ne semble pas dépasser quelques millions d’euros – qui se comptent sur les doigts d’une main, et qu’il est partagé entre un géant (Edge, qui possède de façon quasi hégémonique le nerf de la guerre, à savoir la fonction de diffusion/distribution via Millénium) et une mini galaxie d’acteurs au poids relativement comparable (entre 50 000 et 300 000 euros environ de CA annuel), il perdure néanmoins et suit le chemin de sa reconfiguration, suite aux bouleversements éditoriaux du nouveau millénaire. Le meilleur exemple étant les 350 000 euros que Sans-Détour est en train de lever sur Ulule pour la V7 de L’Appel de Cthulhu, alors que leur chiffre d’affaires sur tout 2013 n’a été « que » de 420 000 euros.

Pascal.

3 Comments

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      Attention : sur cette somme il faut retirer la commission Ulule et également celle de Ludikbazar qui sauf erreur s’occupe de la logistique sur le projet.

  1. Pierrick

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    Même remarque que pour le précédent article : Millenium n’appartient pas à Edge. Les deux sociétés appartiennent à la même personne mais son indépendantes financièrement… 🙂

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