Infographie JDR : sorties éditoriales 1997-2017

A la suite de mes travaux de 2014, je vous livre le graphique ci-dessous : les sorties de JDR (suppléments, kits de découverte et livres de base confondus) en français entre 1997 et 2017. N’hésitez pas  à me contacter si vous y trouvez des erreurs ou des incohérences.

Les sorties de JDR (suppléments, kits et livres de base confondus) en français entre 1997 et 2017 – Graphique en aires empilées sur une base 100 annuelle. Source : GRoG

J’ai fait le graphique en « aires empilées 100 % », afin de mieux se rendre compte de la part de chaque éditeur sur l’ensemble à chaque période. Pour une question de lisibilité, seules les maisons d’édition ayant sorti au moins 10 ouvrages depuis leur création, ou des ouvrages dans au moins 3 gammes différentes de JDR,  sont représentées ici ; toutes les autres (ainsi que les œuvres auto-éditées commercialisées) sont agrégées dans « autres ».

Attention : ce graphique ne représente que « l’intensité éditoriale » professionnelle (sans le JDRA ou l’auto-édition gratuite), c’est à dire le travail sur les gammes fourni par les éditeurs actifs. Il n’est donc pas un indicateur de volume (un éditeur peut très bien vendre beaucoup de livres sans pour autant sortir de nouveautés, à l’instar de Play factory qui paraît être un éditeur mineur sur le graphique), ni un indicateur de valeur (pour cela il faudrait le CA de chaque éditeur).

On le voit très clairement, de grandes périodes se dessinent :

– 1997-2005 : fin de l’« âge d’or » du JDR francophone d’un point de vue des éditeurs, où six acteurs se partageaient le marché (avec une pointe en 1999 où plus de 90 % des sorties enregistrées sont assurées par ces six maisons). Multisim, Descartes, Asmodee-Siroz et Hexagonal dominent, suivis par Oriflam et Halloween. On observe une chute progressive de ce modèle productif issu des années 1980, ces mêmes 6 éditeurs n’assurant plus que 25 % des sorties en 2005. Cette période se termine d’ailleurs sur une forte diversification de la production, avec plus de 40 % des sorties qui sont le fait de « petits » éditeurs en 2005-2006 (moins de 10 titres au catalogue dans moins de 3 gammes).

– 2005-2010 : recomposition totale du marché de l’édition, avec la disparition des grands acteurs et la montée en puissance de très nombreux éditeurs nouveaux (XII singes, Black Book, 7e cercle, Edge, etc.). En 2009-2010, près de 90% des sorties sont le fait de 12 acteurs principaux (sans référence à des niveaux de vente ni même à des tirages) ; il y a donc une nette stabilisation, sans pour autant retrouver la concentration qui préexistait.

– 2010-2017 : on constate depuis 2010 une progression constante de la part des sorties provenant de « petits » éditeurs, marquant donc une deuxième étape d’éclatement du marché de la production de JDR, après celle de 2005. Depuis 2013 les labels les plus récents s’affirment (Batro games, Chibi, 500 nuances de Geeks, JDR éditions, etc.), grignotant des parts relatives à ceux qui restent leaders en volume de sorties (Black Book et XII singes). En 2017, comme en 2005, on observe que plus de 40 % des sorties sont le fait de « petits » éditeurs (moins de 10 titres au catalogue dans moins de 3 gammes).

Sur cette période le nombre de sorties n’a cessé de croître comme on le voit dans le graphique ci-dessous (en aires empilées également mais sans la base 100% annuelle). On atteint en 2017, pour la 1re fois en France, la barre des 200 titres sortis sur une année.

Les sorties de JDR (suppléments, kits et livres de base confondus) en français entre 1997 et 2017 – Graphique en aires empilées. Source : GRoG

Depuis nos travaux de 2014, on constate donc une croissance importante du nombre de structures éditant des JDR, sans pour l’instant qu’il n’y ait de mouvement de concentration. Néanmoins, si l’édition de JDR suit la même route que le reste de l’édition imprimée française, il faut craindre ou espérer cette concentration de l’activité éditoriale au sein de structures plus importantes, qui seront ainsi capables de générer une meilleur marge pour investir davantage.

Cela serait peut-être une réponse efficace à la hausse exponentielle de l’auto-édition et de l’édition par rançon (dont le crowdfunding est la forme la plus connue), symptômes certains de l’évolution sociétale et culturelle liée à Internet mais aussi nécessairement de la faiblesse relative des entreprises du secteur.

Pascal J.

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