Infographie JDR : édition 1983-2014

A la suite de mes travaux de 2012, je vous livre le graphique ci-dessous : les sorties de JDR (suppléments, accessoires et livres de base confondus) en français entre 1983 et 2014. Cliquez sur l’image pour l’agrandir (clic droit –> afficher l’image) !

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Les sorties de JDR (suppléments, accessoires et livres de base confondus) en français entre 1983 et 2014.

Source : GROG

J’ai fait le graphique en « aires empilées 100 % », afin de mieux se rendre compte de la part de chaque éditeur sur l’ensemble à chaque période. Pour une question de lisibilité, seules les maisons d’édition ayant sorti au moins 20 ouvrages dans leur existence sont représentées ici ; toutes les autres sont agrégées dans « autres ».

Attention : ce graphique ne représente que « l’intensité éditoriale » professionnelle (sans le JDRA ou l’auto-édition), c’est à dire le travail sur les gammes fourni par les éditeurs actifs. Il n’est donc pas un indicateur de volume (un éditeur peut très bien vendre beaucoup de livres sans pour autant sortir de nouveautés, à l’instar de Play factory qui paraît être un éditeur mineur sur le graphique), ni un indicateur de valeur (pour cela il faudrait le CA de chaque éditeur, et ça, j’ai beau chercher… confidentiel !)

On le voit très clairement, de grandes périodes se dessinent :

– 1983-1990 : concentration progressive de l’activité au sein de six grands acteurs, avec la domination de Descartes (qui a assuré à lui seul 47 % des sorties enregistrées en 1990) ;

– 1990-2003 : « âge d’or » du JDR francophone d’un point de vue des éditeurs, six acteurs se partageant le marché (avec une pointe en 1999 où plus de 97 % des sorties enregistrées sont assurées par ces six maisons). Multisim, Descartes, Asmodee-Siroz et Hexagonal dominent, suivis par Oriflam et Halloween Concept ;

– 2003-2010 : recomposition totale du marché de l’édition, avec la disparition des grands acteurs et la création de très nombreux petits éditeurs nouveaux. Ce morcellement connaît un apogée en 2006 quand 30 % des sorties étaient alors le fait de la somme des petits éditeurs qui ont édités en tout moins de 20 titres dans leur existence.

On constate depuis 2010 une stabilisation relative du paysage des éditeurs de JDR autour d’une douzaine de leaders (sans référence à des niveaux de vente ni même à des tirages) avec en tête Edge, les XII singes, Sans-Détour, 7e cercle et Black Book. Cette stabilisation est plus visible dans le graphique ci-dessous, qui reprend les mêmes données mais en aires empilées simples : de nos jours, la création atteint les mêmes niveaux qu’avant le tournant de 2003, même si le nombre de maisons actives est aujourd’hui trois fois plus important.

brutSi l’édition de JDR suit la même route que le reste de l’édition imprimée française, il faut craindre ou espérer une concentration de l’activité éditoriale au sein de structures plus importantes, qui seront ainsi capable de générer une meilleur marge pour investir davantage.

Cela serait peut-être une réponse efficace à la hausse actuelle de l’auto-édition et de l’édition par crowdfunding, symptômes certains de l’évolution sociétale et culturelle liée à Internet mais aussi nécessairement de la faiblesse relative des entreprises du secteur.

Pascal J.

9 Comments

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  2. Gaël

    Répondre

    Les volumes de BBE, qui possède quand même de grosse licence dont Pathfinder / Polaris / Shadowrun ….. On aurait pu s’attendre à des chiffres meilleurs, surtout face aux 12 Singes qui font beaucoup de publication indépendante.

  3. Roxolan

    Répondre

    Je serais curieux de voir ça classé par jeu/gamme plutôt que par maison d’édition (D&D par exemple représentant forcément un gros boost pour qui a remporté la traduction d’une ou l’autre édition).

    • Répondre

      C’est une idée mais j’ai bien peur que cela ne soit pas lisible au lisible : trop de jeux différents, et jamais beaucoup de sorties la même année…

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